LA DOUCE LÉNA

Texte de Catherine Benhamou
D’après l’œuvre de Gertrude Stein

Mise en scène : Ghislaine Beaudout
Avec : Catherine Benhamou, Paola Cordova,
Ghislain de Fonclare, Désirée Olmi
Chorégraphie : Paola Córdova
Voix : Saadia Bentaïeb, Nathalie Raphaël, Michel Quidu,
Vidéo : Solène Ortoli
Conception sonore : Alexis Pawlak
Création Lumière : Olivier Dusnasi
Diffusion : Alizée Nguyen

Durée : 1h 15

THÉÂTRE BERTHELOT

6 rue Marcelin Berthelot 93100 Montreuil – M° Croix de Chavaux

Du 12 au 15 janvier 2011:



  Mercredi 12 janvier : 20h 30
      Jeudi 13 : 14h 30 et 19h
       Vendredi 14 : 14h 30 et 19h
          Samedi 15 janvier : 17h et 20h 30


Tarifs : 12 et 8€ - scolaires : 5€
La reprise :

La douce Léna

La douce Léna fait le portrait d’une jeune fille employée de maison, immigrée aux États-Unis au début du 20ème siècle et confrontée à un mariage arrangé. Ce récit à plusieurs voix dessine en creux le personnage de Léna et parle d’une société où la docilité est considérée comme une « plus value », surtout pour les femmes. Le spectacle déploie un univers poétique qui mêle théâtre et danse. Léna est une énigme que le spectacle ne prétend pas résoudre. Il souhaite plutôt ouvrir la réflexion et l’imaginaire du public. Le spectacle est accessible à partir de 14 ans.



Du 12 au 15 janvier 2011

Au

THÉÂTRE BERTHELOT

À Montreuil


Production Le Regard du loup avec le soutien de RAVIV et ARCADI,
En coréalisation avec le Théâtre Le Hublot à Colombes et le Théâtre Berthelot à Montreuil
AVEC LE SOUTIEN DE LA VILLE DE MONTREUIL


Le Regard du Loup est membre du Synavi IdF et de RAVIV (Réseau des Arts Vivants en IdF)



La scénographie:

Elle explore l’espace mental des personnages, principalement celui de Léna.
Elle met en jeu les couleurs, les ombres, les contrastes des personnages. Dans un espace quasiment nu, apparaissent des objets qui sont des vestiges d’une réalité concrète ou des traces de l’imaginaire des personnages. Les costumes portés ou non participent à cette composition.
Elle est sujette à des juxtapositions de situations, des transformations de l’utilisation de l’espace ou de la lumière liées à la construction narrative non chronologique. Lumière, images vidéo et habillage sonore sont les éléments qui inventent un espace de jeu mouvant et morcelé qui suggèrent des « ici » et des « ailleurs » réels ou allégoriques et stimulent la lecture du spectateur.
Les images vidéo sont des plans fixes de lieux extérieurs, éléments naturels, images traitées s’insinuant par intermittence dans différents endroits du théâtre comme des visions dans la tête de Léna, des réminiscences qui sont aussi présentes sous forme de scènes en voix off pour ce qui concerne le son.

Le son:

Le travail sur les situations d’énonciation a fait naître l’idée d’un traitement sonore. L’amplification des voix permet une continuité avec les voix off. Ce n’est pas un principe systématique, il y a matière à le détourner. Des voix off prennent en charge des réminiscences de scènes vécues ou des paroles entendues. Les voix et les corps jouent sur scène avec la sonorisation : micro sur pied ou non, installé par le personnage pour une adresse frontale ou circonscrit à une place pour la même apparition ; micros hf pour Léna qui sonorisent sa voix et ses mouvements, capteurs sonores reliés aux objets. Des plages sonores correspondent aux personnages ou utilisent un motif qui revient en leitmotiv. Dans ce travail, sans utiliser des systèmes très sophistiqués, le son participe pleinement à la dramaturgie.
Le théâtre et la danse :

La compagnie le Regard du Loup a pris goût aux métissages artistiques depuis ses premiers spectacles où se sont associés des comédiens, des marionnettistes, des marionnettes ou des formes animées.
La Léna de Gertrude Stein, cette idée de « non-vie », le besoin d’un autre langage que celui des mots qui concerne directement la présence ou l’absence des corps a stimulé la rencontre d’une comédienne ayant une formation de danseuse et la conception d’une traversée en partie chorégraphique de ce récit.
L’existence de Léna se déroule dans une sorte de transparence, une façon d’être au monde, de l’accepter docilement sans y prendre part totalement, de s’en protéger. Sa présence est qualifiée de « rêveuse et absente », de « patiente ignorance » mais plus elle est contrainte et opressée, plus elle devient insaisissable et dérangeante.
La danse s’apparente à la fonction poétique du langage. Elle traduit un monde intérieur par une réalité plastique qui en préserve les facettes et les nuances.
Les personnages qui entourent Léna ont fait l’objet d’une recherche sur les sphères corporelles liées à leur fonction, leur place dans le récit et sur les façons d’habiter l’espace. Leur apparence et leur comportement font l’objet par moment d’une sorte de « distorsion » quand est privilégiée la vision que Léna se fait d’eux.
Les flux de paroles s’accumulent, laissent des traces, les corps creusent leurs sillons, jouent aux frontières du théâtre et de la danse, pour provoquer une sorte de maëlstrom dans lequel Léna s’enlise avant de s’échapper.
Ce travail a été préparé avec Paola Cordova, danseuse et comédienne qui interprète Léna, travail nourri de nombreuses influences comme celle de Pina Bausch qui a autant bouleversé les codes de la danse que ceux du théâtre et d’autres comme celle de Anne Teresa de Keersmaker, de Christian Rizzo.
Pourquoi ce projet ?

"Je m’intéresse aux univers de langage, aux auteurs qui réinventent l’expression du monde, l’expression du sensible. De Copi à Sarraute en passant par Beckett, Duras, Vinaver, Novarina et d’autres plus récents comme Melquiot, Queinnec.
En découvrant La douce Léna, puis le recueil « Trois vies » et d’autres œuvres de Gertrude Stein (Le Monde est rond, Ida), j’ai été frappé par la modernité de son écriture et des questions qu’elle pose sur la perception du réel.

Gertrude Stein produit un tressage de paroles, avec un tempo, des rythmes, des couleurs, le tout agencé avec des motifs, des répétitions, des ritournelles. Catherine Benhamou qui s’est emparée de cette œuvre en a accentué la construction « cubiste » en imbriquant des personnages ou des motifs d’autres œuvres : « la brave Anna » et « le monde est rond ». Le résultat théâtral est une partition polyphonique qui dessine en creux le personnage de Léna. Son texte a été sélectionné au titre de l’aide à la création par la DMDTS en 2000.

Je me suis intéressée à Léna, très jeune fille atteinte d’une sorte de désintégration d’elle même à partir de son mariage. Comment évoquer cet état d’absence à soi, cette impossibilité à exprimer ses choix sur le plateau ? Son histoire venue d’une autre époque (début 20ème), soulève des questions qui continuent de se poser aujourd’hui : L’identité, Le libre arbitre face à la famille, la condition des femmes. L’adaptation de Catherine développe une dimension onirique très importante à mes yeux pour élargir le point de vue et faire appel à l’imaginaire du public.
J’ai eu envie de parler de ces sujets aux jeunes, filles et garçons, aux femmes et à tous ceux pour qui ils résonnent, mais avec une histoire non exemplaire, pas actuelle, un peu étrange, non conforme à une certaine attente sur ces sujets là. Une histoire qui offre suffisamment de décalage et de mystère pour parler d’abord à notre ressenti et pour produire un trouble propice à des questionnements moins convenus, à des échanges inexplorés".

Ghislaine Beaudout