La Douce Lena / Le regard du loup from Garotivi on Vimeo.


LA DOUCE LÉNA



Le spectacle

La douce Léna fait le portrait d’une jeune fille employée de maison, immigrée aux États-Unis au début du 20ème siècle et confrontée à un mariage arrangé. Ce récit à plusieurs voix dessine en creux le personnage de Léna et parle d’une société où la docilité est considérée comme une « plus value », surtout pour les femmes. Les sujets du libre arbitre et de l’identité résonnent ici avec le passage de la jeunesse à l’âge adulte.
Le spectacle met l’accent sur la difficulté de Léna à avoir prise sur sa vie et sur le traumatisme que représente le mariage forcé. Il aborde la thématique de l’émancipation des femmes à travers une histoire décalée dans le temps et géographiquement. Ce décalage permet d’élargir le débat à d’autres époques et d’autres sociétés que celles habituellement stigmatisées sur ces questions.
Le spectacle déploie un univers poétique qui mêle théâtre et danse C’est un langage de mots simples qui parle à tout le monde et traite les personnages avec malice. Léna est une énigme que le spectacle ne prétend pas résoudre. Il souhaite plutôt ouvrir la réflexion et l’imaginaire du public.


Le texte

L’histoire se passe au début du 20ème siècle.
En fait c’est l’histoire d’une absence. D’une non vie. Une vie trop fragile, étouffée par la contrainte et l’oppression.
Elle pourrait n’être qu’un petit mélodrame naturaliste, mais le langage nous entraîne ailleurs.
Le texte doit être traité comme une partition musicale.
Il y a des voix graves et des voix aiguës.
Il y a de la violence et de la cruauté et en même temps une grande légèreté.

Extrait du texte de Catherine Benhamou –auteur du texte.


GERTRUDE STEIN

Américaine d’origine allemande née en Pennsylvanie en 1874, Gertrude Stein s’est installée en France avec son frère Léo en 1903. Ensemble, ils ont assemblé une des premières collections d’art cubiste, comptant notamment des œuvres de Picasso, qui fera d’ailleurs son portrait, Matisse et Derain.
Dans les années 1920, le salon de l’appartement de la rue de Fleurus, qu’elle partageait avec Alice B. Toklas, attirait l’avant-garde artistique, et les auteurs américains de la « génération perdue ». Nourrie de ces influences diverses, son œuvre écrite se présente comme un itinéraire à travers tous les genres littéraires ressaisissant un chaos de langage à partir duquel elle forge des matériaux poétiques, romanesques, dramatiques ou encore lyriques.
Elle est morte à Paris en 1946.

Bibliographie partielle
Trois vies ; Le monde est rond ; Ida, un roman ; Autobiographie de tout le monde ;
Du sang sur le sol de la salle à manger ; Autobiographie d’Alice Toklas.





La compagnie LE REGARD DU LOUP a présenté du 12 au 15 janvier 2011 au Théâtre Berthelot à Montreuil, « La douce Léna », un texte de Catherine Benhamou d’après une œuvre de Gertrude Stein.
le spectacle a donné lieu à une action artistique et culturelle auprès d'associations qui donnent des cours de français et auprès de l'atelier mémoire de la Maison de quartier Lounès Matoub – Centre social du Bas-Montreuil.
4 groupes de femmes et d'hommes ont été invités au spectacle et ont participé à des ateliers
«Oralité-Écriture». La Lecture Mise en voix des textes produits a eu lieu le samedi 9 avril 2011.
Un recueil est en cours d'impression et sera remis aux participants.

Création, parole et identité
Notre spectacle "La douce Léna" met en scène une jeune fille qui n'a pas la parole et qui en meurt. Elle ne l'a pas parce qu'on ne la lui donne pas et qu'elle ne la prend pas. Elle perd ainsi son goût à la vie et finalement son identité.
Nous avons mené ces ateliers intitulés « oralité-écriture » avec trois groupes de femmes et d’hommes qui apprennent le français : eux non plus n'ont pas la parole. Certains sont arrivés en France récemment mais d'autres y sont depuis longtemps. Leurs difficultés sont de différente nature mais pour tous il y a un manque de confiance, une peur de s'exprimer et d'affirmer son identité propre.
A partir de la vision du spectacle, nous leur avons demandé de s'exprimer sur différents sujets, nous avons transcrit leurs mots avec comme objectif la prise de parole de chacun devant un public.
Ceux qui ont pu assister à la restitution des ateliers ont ressenti, comme nous, une réelle émotion à les voir et à les entendre dire leurs propres textes.
Nous avons associé à ce projet un quatrième groupe composé de participantes de l’atelier mémoire, atelier régulier de La Maison Lounès Matoub qui s’adresse aux personnes âgées mais pas seulement. Le spectacle a fait l’objet de discussions et de prolongements par la lecture de la pièce et les propositions d’écriture. L’expression écrite et orale a également favorisé dans ce groupe la confiance en soi et en ses capacités créatrices, sans compter la valeur d’échange et l’intérêt manifesté pour les autres groupes.

Nous remercions tous les participants d'avoir joué le jeu et d'avoir été jusqu'au bout en surmontant leurs difficultés et leur appréhension.
La conquête de la parole passe par là.


Catherine Benhamou et Ghislaine Beaudout