LE VOYAGE DE KHADY DEMBA - Marie NDiaye



Le voyage
de Khady Demba


Duo Théâtre, Chant et Musique

À partir du troisième texte de

« TROIS FEMMES PUISSANTES »

de Marie NDiaye

Éditions Gallimard







Ghislaine Beaudout : mise en scène
Catherine Benhamou : adaptation et comédienne
Alvie Bitemo : comédienne, création musicale et chants
Charly Thicot : lumière

Le duo théâtral, vocal et musical
Une femme européenne blanche, comédienne et une jeune femme noire originaire d’Afrique Subsaharienne, comédienne, chanteuse et musicienne, forment un duo théâtral, vocal et musical. Le texte, la musique et le chant se croisent, se rencontrent, s’influencent, les deux voix dialoguent, se superposent, s’écoutent. Les variations d’énonciation et le déploiement des sons entrent en résonnance avec la puissance d’évocation du texte.

Marie Ndiaye écrit le périple entre l’Afrique et l’Europe d’une jeune femme, Khady Demba, jetée sur les routes de l’émigration par sa belle famille. Pendant ce voyage éprouvant, malgré les souffrances, elle affirme le caractère inaliénable de son identité. Porté par l’écriture de Marie Ndiaye, ce récit à la troisième personne laisse place à l’incarnation tout en préservant la distance et l’histoire de Khady devient universelle. La dignité de cette femme, la conscience qu’elle a d’elle-même et de sa valeur la rendant exemplaire.

« Il me semble tellement évident que ces gens qui bravent des souffrances extraordinaires dont nous n’avons qu’une idée très vague, qui font montre d’une vaillance folle sont des héros. Des héros tristes, des héros obligés, mais des héros des temps modernes…Alors j’ai voulu faire de cette femme une héroïne et de son histoire un objet littéraire. »                                                                                                                                                         Marie NDiaye
Voix et présences
Les deux interprètes s’immergent dans la matière des mots, des sons et font naître des images en transmettant ensemble ce récit. Pour ce duo vocal et théâtral, elles utilisent ou non des micros, créent des espaces de jeu, reviennent au pupitre, déclenchent des sons, provoquent des images. Leurs présences et leur voix convoquent l’esprit de cette « femme puissante » qu’est Khady Demba.

Musique/Chant/langues
Alvie Bitemo chante depuis l’âge de 14 ans et s’est formée à la basse électrique et à la composition. Sur le texte de Marie Ndiaye, Alvie a créé des compositions musicales et chantées à partir des mots du texte mais aussi à partir d’autres sources : mots, phrases, berceuse en Lingala, une des principales langues du Congo. Le chant explore aussi bien le cri, le souffle que la mélodie et les sons de la guitare entrelacent bruitages et phrases musicales pour composer une trame sonore.

Version concert
Le duo se joue en version « concert ». Le dispositif scénique, visuel et sonore est particulièrement léger et prévu pour s’adapter à toutes sortes d’espaces C’est le terrain de jeu, le lieu d’élaboration des deux interprètes qui traversent le récit selon différentes formes d’énonciation, de jeu et d’adresse au public, accompagné de quelques accessoires, traces évocatrices qui jalonnent le cheminement des deux artistes dans ce voyage.

Étapes de recherche, résidence et présentation :
Février 2015 à La Ménagerie de Verre à Paris ; Mars 2015 au centre dramatique de Nanterre-Amandier (en mars). Septembre 2015 : Résidence à la Maison des Métallos à Paris et le13 mars 2016 : présentation suivie d’un débat avec la Cimade

L’Auteure

Marie NDiaye  Auteure
Née en 1967 d'un père d'origine sénégalaise et d'une mère française, est une femme de lettres. Elle n'a que 18 ans lors de la publication de son premier ouvrage « Quant au riche avenir ». Elle a obtenu une bourse qui lui a permis d'étudier pendant un an à la Villa Médicis à Rome. Marie NDiaye a reçu le Prix Femina en 2001 avec son roman « Rosie Carpe » et sa pièce « Papa doit manger » figure au répertoire de la Comédie-Française.
En 2009, elle participe à l'écriture du scénario du film de Claire Denis, « White Material ». Elle reçoit le prix Goncourt 2009 pour « Trois Femmes puissantes », roman initialement tiré à 15 000 exemplaires mais qui avec le succès a connu un tirage total de 140 000 exemplaires après dix réimpressions. Ladivine, son roman suivant est paru en 2013 également aux éditions Gallimard.

«J’ai voulu faire de cette femme une héroïne et de son histoire un objet littéraire. »
Marie NDiaye       








KHADY DEMBA

Khady est une jeune femme d’Afrique Subsaharienne contrainte à l’exil.
Vivant dans un état d’hébétude depuis la mort de son mari, traitée comme moins que rien par sa belle famille, surnommée La Muette par ses belles sœurs, elle est confiée par sa belle-mère à un passeur avec l’ordre de faire le voyage jusqu’en France pour y travailler et envoyer de l’argent.

Khady se « réveille » au contact du monde extérieur. Confrontée à l’incertitude de son sort et au danger, elle retrouve la conscience d’elle même, de son « inaltérable identité », de sa singularité essentielle. Elle retrouve sa fierté d’être Khady Demba qui reste intacte malgré le dénuement, les difficultés, les humiliations et les trahisons qui jalonnent son voyage.
Détachée de son passé, vivant le présent comme une transition sans importance, Khady se dirige résolument vers un avenir inconnu mais porteur d’espoir, acceptant les rencontres et les circonstances même tragiques comme des aléas incontournables et passagers à surmonter.

Trois femmes puissantes
Khady est l’une des « Trois femmes puissantes » du roman de Marie NDiaye, trois femmes qui ont en commun de ne jamais se considérer comme des victimes et dont la puissance réside justement dans cette force intérieure, ce souffle de vie intense qui leur permet d’avancer malgré l’adversité.
Dans un entretien avec une journaliste, l’auteur précise qu’elle voulait dans ce livre « mettre en scène des personnages dont la force ne repose pas sur le cynisme et l’abus d’autorité mais des personnages dotés d’une force saine. »

Écrire pour une héroïne des temps modernes

« Il me semble tellement évident que ces gens qui bravent des souffrances extraordinaires dont nous n’avons qu’une idée très vague, qui font montre d’une vaillance folle, sont des héros. Des héros tristes, des héros obligés, mais des héros des temps modernes…

L’écriture de Marie NDiaye est sobre, précise, sonore, rythmée, sinueuse et droite à la fois, douce et terrible. Elle appréhende l’être profond du personnage de Khady, ses sensations, ses visions et les mouvements de sa pensée tout en faisant le choix d’un récit à la troisième personne du singulier. La réalité d’un monde se met à vivre par ce prisme d’une intériorité qui n’incarne pas le personnage mais le regarde en profondeur. C’est une écriture de l’ellipse et du mystère où le fantastique s’insinue par la déformation subtile du réel et l’interprétation des signes.


Le voyage de Khady Demba / premières notes

Khady, c’est une démarche traînante, un air rêveur, une capacité à s’absenter dans le vol d’un oiseau et partir avec lui dans le ciel d’un bleu clair et doux en oubliant la rudesse de sa situation.

« Khady avait toujours eu conscience d’être unique en temps que personne…

Elle avait été satisfaite d’être Khady… »

Ce voyage, s’il lui fait connaître la souffrance et la grande violence, lui permet aussi de prendre sa vie en main, « de diriger elle-même le précaire, l’instable attelage de son existence. »

L’écriture de ce récit poignant, à la troisième personne, laisse la place pour l’incarnation, tout en préservant la distance.

Cette histoire portée par l’écriture de Marie NDiaye devient universelle. La dignité de cette femme, la conscience qu’elle a d’elle-même et de sa valeur la rendant exemplaire.






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